1er avril : retour en chambre mère-enfant

Article écrit bien longtemps après notre retour à la maison. (mi juin). Donc moins précis que les précédents.

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Il y a eu du bruit, tôt le matin dans l’appartement.
A 8h30 je ne tiens plus, Alex vient tout juste de se réveiller et je lui demande d’appeler la réa.

Valentin va bien, il a passé une bonne nuit. Il a bu 30 ml de lait, ils n’ont pas essayé de lui donner de yaourt. Il a beaucoup dormi. Il a été calme et n’a pas essayé d’enlever sa perf ni ses drains.
Il faut attendre la réunion de 10h du personnel pour savoir si nous pouvons récupérer notre fils en chambre de pédiatrie.

Nous nous douchons, nous prenons un petit déjeuner très rapide, nous rassemblons nos affaires.

A 10h nous sommes une nouvelle fois devant le bureau des infirmières. On nous confirme que nous aurons une chambre dans l’après midi, certainement entre 14 et 16h.
Chouette!
Nous comprenons que nous n’aurons pas à retourner en réanimation.

Nous retournons à la maison des parents. Nous attendons.
Vers 11h30 nous partons à la recherche d’un resto. Nous finissons un peu plus loin (en voiture) à un courtepaille. Nous n’avons pas un énorme appétit.

Je réalise tout d’un coup que c’est notre premier resto tous les deux depuis…piou! Des années? Je ne me souviens plus du dernier.
Je ne me souviens plus du dernier resto tout court d’ailleurs.
Mais nous ne profitons pas vraiment du moment, il n’y a rien de romantique, la nourriture est certainement bonne mais il n’y a qu’une chose qui nous préoccupe : dans quelques heures nous retrouvons Valentin. Comment sera t’il? Souffrira t’il?

A 14h nous récupérons nos affaires de la chambre, re-rangés dans la voiture, et nous nous présentons devant le bureau de la secrétaire pour rendre les clefs de notre appartement d’une nuit.
Et puis nous nous installons dans la petite cuisine du service, avec vu sur le bureau des infirmières, pour attendre le moment ou l’on nous dira que la chambre est prête et que nous pouvons être avec notre fils.

Nous attendons longtemps.
Nous voyons défiler les mamans et enfants du service, qui viennent manger, jouer ou regarder la télé.
Une autre maman attend dans un coin : sa fille doit arriver en hélicoptère. Et nous comprenons à mi-mot que la situation est compliqué : la petite est à Lille je crois, et ne va plus suffisamment bien pour être transporter. La maman est partie ce matin, tout allait bien. Au fur et à mesure du temps qui passe, elle ne sait plus ou est sa fille, si elle va bien ou pas. Je la trouve très calme, moi je ne supporterais pas.
Et puis l’hélicoptère arrive.
Tout au long de notre séjour, nous en verrons passer des hélicoptères…

16h arrive et nous attendons toujours.
16h c’est l’heure possible des visites en réanimation. Mais on ne peut pas y aller, certainement qu’ils préparent Valentin pour nous rejoindre. Ou il prépare l’arrivée d’autre enfant et nous les dérangerions. De toute façon on ne nous autoriserait pas à rentrer.
Alors on attend.

17h, enfin on nous donne une chambre.
C’est la chambre Némo, comme l’année dernière.
En plus, chance, nous serons seul cette nuit. Et j’aurais un vrai lit parce qu’il traînait dans le couloir et qu’un infirmier c’est dit que quitte à ce qu’il soit là autant qu’il serve!

Nous attendons sur le pas de porte de notre chambre.
Et enfin nous voyons un brancard arriver. Nous avançons à sa rencontre.
Il y a du bazar dans le couloir, des poussettes, des lits pliants, du monde. Le brancard peine à passer.

J’aperçois de loin Valentin dans le lit.
Il est en body. « Né sous une bonne étoile ».
Il est calme, tranquille.
Mais dés qu’il nous voit, son menton se met à trembler et il s’agite.

Il n’y a pas de mot pour ce moment là, pour l’émotion qui nous prends à la gorge, pour les larmes qui montent à nos yeux.
C’est un soulagement incroyable et un bonheur immense de voir Valentin éveillé.

L’aide soignante laisse Alex s’approcher mais me demande de reculer. Elle me conseil de ne pas m’approcher pour l’instant pour ne pas que Valentin s’agite davantage, parce que je sens certainement le lait comme je l’allaite. Et qu’il doit avoir faim. Qu’il faut que j’attendes qu’on soit dans la chambre.
Alors je recule un peu, elle insiste. Je fini par comprendre qu’il faut que je sorte du champ de vision de mon fils.
Je m’éloigne donc beaucoup.

Alex est auprès de Valentin. Sa petite mimine est déjà dans la bouche de son papa. C’est un geste qui réconfort beaucoup Valentin. Il se calme. Il baragouine des choses dans son langage de bébé avec un ton un peu plaintif. Il raconte surement ses malheurs à son père.

nos petits coeurs - lendemain d'opération curative

câlin avec papa

Je regarde de loin, j’ai les larmes aux yeux, j’ai envie de courir vers eux, j’ai mal d’être loin. Mais je patiente.

Enfin le brancard-lit passe et nous sommes dans la chambre.
On me demande de m’asseoir et on me pose Valentin dans les bras, pour une tétée.
Pendant que je lui donne le sein le personnel branche tout un tas de capteur. Il y a des fils qui partent dans tous les sens. Valentin va rester 24h sous scope (pour mesurer la saturation). Nous demanderons plusieurs fois à ce que le son soit coupé (le scope ne fonctionnait pas bien à ce niveau. Et je ne nous voyais pas passer la journée et la nuit avec un truc qui fait des bip bip strident toutes les 2 minutes!)

Mais là, j’ai mon fils dans les bras.

Mon tout petit, mon bébé, à moi.

Malheureusement ni lui ni moi ne sommes à l’aise.
J’ai peur de lui faire mal. Et lui soit a peur d’avoir mal, soit a mal. Je ne sais pas. Mais son regard me dit que ça ne va pas.
Assez rapidement je le remet dans son lit.
On se débrouille comme on peut avec tous les capteurs.

nos petits coeurs - lendemain d'opération curative

lendemain d’opération curative

Nous devinons le pansement conséquent sous le body.
Nous constatons les différents endroits ou il a été piqué :
un « trou » important dans le cou et des traces de colle, là ou il y avait un kt
des points rouge sur ses pieds et ses mains.

nos petits coeurs - lendemain d'opération curative

trace du kt

Le reste de la journée Valentin va beaucoup dormir. Tant mieux.
Quand il est éveillé il a besoin qu’on soit tout à côté de lui. Il reste très abruti par les médicaments.
Je l’allaite directement en le laissant dans le lit : je l’approche du bord et je lui place le téton dans la bouche. Ça fonctionne plutôt bien. Il ne prend que des petites tétées mais c’est déjà ça.
(Pendant la séparation je n’aurais tiré mon lait que 2 ou 3 fois tellement c’est pénible. J’ai bien cru que l’hospitalisation mettrait un terme à notre allaitement. Mais finalement cela ne semble pas avoir eu d’incidence).

Par moment Valou gémit.
Il n’a pas l’air d’avoir mal, il est toujours sous calmant.
Il a vraiment besoin qu’on soit prés de lui. Mettre sa main dans notre bouche l’aide à rester calme.
Il veut se mettre sur le côté. Ça me fait mal pour lui, mais lui n’a pas l’air de souffrir. Je demande aux infirmières si ça pose problème, elles me répondent que non, du moment qu’il est bien.
Alors on le laisse faire, on le cale comme on peut avec doudou, t-shirt et couverture, pour qu’il ne se mette quand même pas sur le ventre.
Et on reste près de lui, on lui soutient le dos, on le bizouille, on le câline.
Et nous le regardons.
Nous le dévorons des yeux.
Il a maintenant les lèvres d’un rose tendre.
Et le dessous des ongles.
Et le dessous des pieds.

nos petits coeurs - lendemain d'opération curative

petit pied rose

nos petits coeurs - lendemain d'opération curative

petite main rose

nos petits coeurs - lendemain d'opération curative

Jolie petite bouche

Il est beau.

De temps en temps nous avons droit à quelques sourires.
Valentin redevient au fil de l’après midi le petit garçon joyeux, câlin et coquin qu’il est.
Il nous regarde et avec un grand sourire réussi on ne sait comment à débrancher le capteur de saturation qu’il a au pied. Plusieurs fois de suite.
Il nous réclame et ne supporte pas de nous voir nous éloigner.
Alors nous sommes là, prés de lui, chaque fois qu’il s’éveille.
Épuisés mais heureux.

 

La journée se termine, je me prépare à passer ma première nuit avec mon bébé au coeur réparé.

 

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