Que faire de mon allaitement?

Valentin est toujours allaité. Il a bientôt 14 mois.
Je n’en reviens pas.

Je souhaitais allaiter au moins un an et/ou jusqu’à l’opération. J’ai réussi. Et je n’en reviens pas!
Ça n’aura pas été facile. Il y a eu plein de période ou j’ai bien cru ne pas y arriver, ou j’ai pensé que la source été en train de se tarir.
J’aurai eu mal, mais je n’ai pas a me plaindre je n’ai eu ni crevasse ni mastite ni autre joyeuseté lié à l’allaitement.
J’aurai été fatigué, très fatiguée, ce qui me fait penser que si j’avais travaillé je n’aurais pas pu réussir cet allaitement.

Nous avons franchi la ligne d’arrivée. Valentin et moi. Et Alex. Et Gabi. Parce que le choix de cet allaitement a quand même eu des répercutions sur toute la famille.

Et aujourd’hui je fais quoi? Il est peut être temps d’arrêter?
Et j’ai envie de quoi?

Focalisée sur cette ligne d’arrivé, je ne me suis pas posée la question de l’après. Surtout que je pensais ne pas y arrivé. « Traumatisée » (même si c’est un bien grand mot) par mon premier allaitement raté. Que de regret encore à ce sujet. Mais on ne peut pas réécrire le passé. Allons de l’avant, occupons nous du présent.

Et je reviens à ma question : je fais quoi maintenant?

J’ai diminué sérieusement le nombre de tétées. De 7, je suis arrivée à 3, parfois 4, par jour. A la suite d’une grande discussion avec Alex.
Souvent je me dis que j’ai envie d’arrêter, pour tout un tas de raison.
Je me suis rendu compte au bout d’un certain nombre de mois (6 ou 7 mois?) que je n’aimais pas tellement ça, allaiter. La sensation physique m’est désagréable : au mieux Valentin me chatouille. A la limite je préfère le tire lait. Je ne saurais expliquer ce que ça me fait, mais je n’aime pas. Quand je suis fatiguée la sensation est carrément insupportable, l’impression que mon bébé m’aspire le peu d’énergie qu’il me reste, voir qu’il me vide de mon « essence ». Et je n’ai qu’une envie c’est de l’éloigner le plus rapidement possible.
Et puis depuis qu’il a des dents…arg. Bien sur il ne me mort pas constamment, mais ça arrive. Surtout quand il est fatigué, il perd le sein et a le réflexe de le rattraper avec les dents. Ouille.
Depuis quelques temps je vis l’allaitement comme une contrainte, surtout depuis que Valentin mange bien à côté, et qu’il ne réclame pas forcément le sein. 7 à 8 tétées par jour, penser dans la journée à lui proposer, insister un peu quand il ne veut pas, stresser quand je vois que je n’ai pas atteint le nombre minimum (stresse pour sa prise de poids, stresse que l’allaitement diminue…). Dégainer le sein quand parfois je n’ai pas envie, quand on est avec des amis ou de la famille. Avoir envie de repos et d’être tranquille. Bêtement.
En plus je reprends « normalement » le boulot en juin (j’attends le feu vert des médecins, en mai). Alors à ce moment là, les tétées de nuit, les 5000 tétées de jour, plus possible.
Et puis…
Et puis j’ai envie de faire la fête! J’ai envie de me prendre un apéro (une embuscade hummmm), de pouvoir gouter au vin, de profiter des barbecue rosé de l’été…Je sais : ce n’est pas parce qu’on allaite qu’on ne peut pas se permettre de boire un verre de vin ou une bière. Mais moi je ne parle pas d’un verre. Je parle de me mettre la tête à l’envers!
Ce qui en soit est une bonne raison de continuer l’allaitement aussi : ça m’oblige à être raisonnable. Frustrée mais raisonnable.

En plus…
Notre sage femme de l’haptonomie m’a soufflé que je pourrais continuer, que ça se fait d’allaiter les enfants jusqu’à deux ans. L’idée s’est insinuée dans un coin de mon esprit et je me suis dit « pourquoi pas ».
Et puis Valentin semble toujours avoir quelques soucis à (re) prendre du poids. J’ai diminué l’allaitement et j’attends avec impatience le moment ou la courbe va grimper. Vivement.
Et puis j’ai pris quelques habitudes en un an, dont celle de stresser qu’il s’arrête. C’est Alex qui me l’a fait remarquer (lors de notre grande discussion justement!) à priori dés que Valou ne veut pas téter ou qu’il n’y a pas un nombre minimum de tétées par jour, je panique et je fais la tête. Un an après j’ai toujours peur que l’allaitement ne fonctionne pas!!! 8-|
Je ne sais même pas comment je dois faire pour arrêter l’allaitement. Puisque maintenant je peux le dire : j’ai réussi!

Et puis….

Et puis arrêter d’allaiter c’est ne plus avoir d’excuse pour éloigner Valentin de moi la nuit, pour qu’il dorme dans la même chambre que son frère. C’est arrêter le cododo (moi qui n’était pas du tout une adepte!) et ne plus n’avoir qu’à tendre la main pour m’assurer que tout va bien.
C’est ne plus être réveiller la nuit pas mon tout petit, ne plus avoir ces moments exclusivement à nous. Il est si beau la nuit quand il tète à moitié endormi…(et quand je suis suffisamment réveillée pour en profiter il faut bien le reconnaitre! lol)
C’est aussi la peur d’imposer encore un changement à Valentin, lui qui a vécu tellement de chose ces derniers temps. Et qui va en vivre encore tellement dans les semaines qui viennent (dormir la nuit, dormir dans la même chambre que son frère, aller chez la nounou). Dois je vraiment en plus lui imposer de coup ce lien là?
Il a un peu son mot à dire aussi. Mais grosso modo, il reste plutôt longtemps sans demander. Et puis certain jour l’après midi il réclame deux ou trois fois de suite. Mais j’ai l’impression qu’il peut s’en passer.

Arrêter l’allaitement c’est finalement reconnaitre que mon petit bébé n’est plus si petit. Et que notre année ensemble se termine. Qu’il faut tourner la page.
C’est plus difficile que je ne le pensais.

Alex m’a aidé sur ce coup là : nous avons décidé ensemble de diminuer le nombre de tétée, en vu de ma reprise de travail. Essayer qu’il n’y en ai que 3 ou 4 par jour : une le matin, une vers 18h30, une au moment du couché de Valentin. Et pour l’instant il y en a encore une la nuit, entre minuit et 2h. Le reste du temps quand il se réveille je lui donne de l’eau. Il met beaucoup plus de temps à se rendormir : je suis sur qu’il n’a pas faim mais qu’il a besoin d’être rassuré. Et pour ça, le sein, c’est quand même ce qu’il y a de mieux…

 

Alors voila. Je ne sais pas quoi faire de mon allaitement.
Je suis à la recherche d’un nouvel équilibre pour une situation en plein changement.
Les choses ne se feront pas du jour au lendemain, j’ai encore un peu de temps pour me décider.
A moins qu’une baisse de lactation décide pour moi.

Quoiqu’il en soit j’ai réussi, j’ai franchi la ligne d’arrivé. Je n’en reviens toujours pas.
Je suis vraiment contente d’avoir été jusqu’au bout, malgré la fatigue, malgré les doutes, malgré tout. Cet allaitement et cette année passée avec Valentin auront apaisé certaines blessures lié à mes césariennes, mon premier allaitement et cette espère de dépression post partum que j’ai faite la première année de Gabi. Je reste triste de n’avoir pas été mieux accompagnée à l’époque et de n’avoir pas pu apporter tout cela à Gabriel.
Mais on ne refait pas le passé. Alors on va de l’avant 😉

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2 réflexions sur “Que faire de mon allaitement?

  1. Je crois que tu as déjà ta réponse en fait. En plus, le vrai fond du problème n’est-il pas plutôt la séparation avec ton fils plutôt que l’allaitement en lui-même ? 14 mois, c’est déjà formidable ! c’est même admirable ! tu as fait un sacré bon boulot ! arrêter l’allaitement aujourd’hui, serait tout à fait justifiable. Ce que je ressens c’est que l’allaitement à l’heure actuelle te « sert » de lien fusionnel avec ton petit. Si je devais donner un avis, et ce dernier n’engage vraiment que moi, il est peut-être temps de laisser ton petit grandir 🙂 d’autant que c’est beaucoup de contraintes finalement. D’ailleurs, je me demande pourquoi tu l’allaites encore la nuit ? tu m’étonnes que tu es crevée ma pauvre !!!! quant au fait d’être rassuré, je connais ça avec loulou. Et quand c’est le cas, je lui donne un bib’ de lait, mais ça n’arrive que par période. En fait, je pense que souvent, on arrête l’allaitement soit parce qu’on a pas le choix, soit parce qu’on sent que c’est le moment. Le fait de te poser la question ne sous-entend-il pas que c’est justement le moment ? En tout cas, quelque soit ton choix, aucun ne sera mauvais 🙂 et encore bravo ! j’aurai aimé pouvoir en faire autant ! ou tout au moins de le faire pendant plus longtemps et de façon exclusive ^^ mais comme tu dis, on ne refait pas le passé

    • C’est clair que j’ai bien du mal à me séparer de mon fils. Ca m’étonne de moi même, je ne pensais pas que ça me serais si difficile.
      Pour l’allaitement on est passé à 2/3 tétées par jour. On va voir comment ça se passe. Par contre mon petit bonhomme refus le lait au biberon (que se soit lait maternisé, mon lait ou lait de vache). Donc on va ajouter des yaourts.
      Pour la nuit, je ne lui donne plus que de l’eau. Sur le coup en te lisant je me suis dis « mais je ne l’allaite plus la nuit!!! » J’ai tellement l’habitude que la tétées de minuit/2h n’était pas la nuit pour moi! J’ai eu beaucoup de mal à la supprimer (j’avais peur de rester trop longtemps sans allaiter et de ne plus avoir de lait….j’étais encore en train de psychoter! n’importe quoi!)? Cette fois elle n’existe plus.
      Et je vais tenter de ne pas dormir avec mon fils. Normalement, si je tiens le coup, cette nuit je dors dans la chambre du grand, pour couper un peu le cordon. Je suis en train d’écrire ces mots et j’en ai le bide qui se sert 😦
      Enfin il va bien falloir que je le laisse grandir cet enfant…
      Bon sinon, comment vont tes petits bouts? ils vont bien? ils commencent à trotter?
      Biz

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