9 mars. A l’hôpital

Voila. On est devant l’hôpital.
On a trouvé facilement une place. Mais il n’aurait pas fallu arriver 2 minutes plus tard, car le parking est désormais complet.
On garde l’information dans un petit coin de notre tête : sur le temps du midi il y a des places libres, mais il faut arriver avant 13h30.

Nous prenons quelques affaires : le sac à langer, les papiers d’admissions, le Bei Jia Bai. Le reste attendra.
Et Valentin dans les bras.
Direction l’hôpital.

J’ai l’impression que l’extérieur à été refait.
Le quartier n’a pas changé.

Le ciel est bleu. Le soleil a pointé son nez. L’air est un peu frais mais doux.

Juste avant de rentrer je dis à mon petit bonhomme :
« Aller Valou, tu prends une bonne goulée d’air frais parce que c’est pas tout de suite que tu vas ressortir. »
Je respire moi aussi un grand coup : je me connais, je ne ressortirais que contrainte et forcée, ou accompagnée de mon bébé. Alors hop un bon bol d’air frais, et pollué, et on y va.

A l’intérieur, je me souviens de chaque détail, chaque couloirs, chaque mur. Pourtant je ne suis pas beaucoup sortie de ma (mes) chambre l’année dernière.

Nous filons aux ascenseurs et allons directement dans le service de pédiatrie.
Il y plein de monde, des parents qui attendent une chambre. Comme nous. Ça donne une ambiance un peu surprenante de…bazars!
L’année dernière les infirmières avaient été surprise qu’on passe d’abord par le service administratif. Là c’est l’inverse. On nous demande des papiers que nous n’avons pas.
Nous leur donnons le carnet de santé. Je laisse Alex et Valou dans la petite cuisine/salle de jeux du service, et je vais à l’admission.

Des papiers, encore des papiers. Il me manque la carte d’identité d’Alex « sinon votre fils ne sera pas opéré ». Et il faut que j’appelle la mutuelle dans l’après midi pour faire une demande de prise en charge.
Je demande une chambre individuelle. On me répond que dans se service il n’y en a pas. Pourtant l’année dernière….
Bon, c’est fait, j’ai le dossier. J’ai de la chance je n’ai pas attendu si longtemps que ça, il y avait peu de monde devant moi (mais quand même des râleurs! pfff)

Je retrouve mes hommes, je donne le dossier à la personne de l’accueil.
Pendant mon absence Valentin à été pesé et 3 patchs de crème anesthésiante lui ont été posé. Alex m’explique qu’il va bientôt avoir une prise de sang et un électrocardiogramme, que Valou n’a pas aimé que les infirmiers s’occupent de lui et d’être séparé de son papa.
Alex a prévenu que Valou a un peu de fièvre. Cela semble remettre un certain nombre de chose en question.
Alex me donne également le résultat de la pesé: 8,200kg.

Hein????? mais comment peut-il encore avoir perdu du poids?? L’information me pèse sur les épaules.
Je déteste être là.

Nous nous installons pour donner le repas à Valentin. Il est quand même plus de 14h.
A peine son repas terminé, une chambre nous est allouée.
Chambre double à partager avec une jeune maman. Le bébé a 12 jours. C’est une jolie petite fille.
Je suis un peu contrariée. Je suis du genre casanière et pas vraiment sociable ces derniers temps, je n’envisage pas la cohabitation facilement. Et puis je connais mon fils, je sais qu’il peut crier, tempêter, hurler, et ce pendant des heures, lorsqu’il n’est pas content. Pauvre petit bébé qui va devoir supporter ça.

Mais pas le choix.
Au moins nous avons le côté fenêtre, qui donne sur le parc à l’arrière de l’hôpital. Je me sens moins enfermée.

Forcément Valentin a un lit cage. Je vois ça comme une prison, une cage pour petit singe.

nos petits coeurs - chambre hopital massy

Lit cage pour enfant

Pour moi pas de vrai lit, mais un fauteuil qui se transforme en lit et qui s’enfonce beaucoup quand on s’assoie dessus. Ouch, d’un coup j’ai un peu peur que mon dos ne supporte pas la semaine.

nos petits coeurs - chambre hopital massy

fauteuil – chauffeuse – lit

Alex part chercher une partie de nos affaires.

nos petits coeurs - chambre massy

armoire dans la chambre (pour nos 50 valises! lol)

nos petits coeurs - chambre hopital massy

Petite table pour deux mamans

Et commence le ballet des examens et des visites.

Le temps hospitalier est très particulier: de longue période d’ennui ou l’on attends entrecoupé de période de speed car les examens s’enchainent avec l’administratif et les rendez vous médicaux.

Une infirmière vient nous voir. Elle nous explique dans les grandes lignes comment va se dérouler notre séjour. Elle nous demande ce que mange Valentin et nous indique ou trouver les petits pots dans la cuisine.
Ensuite elle nous demande ce que Valentin emmènera avec lui pendant l’opération et en réanimation. Exceptionnellement, il traine déjà partout avec son doudou-tee-shirt(de maman). Nous ajoutons sur la liste un petit coussin (j’ai fait ce coussin avec les tissus de fond du Bei Jia Bai et j’ai mis dedans toutes les chutes des tissus qui nous on était offert. J’avais peur que la couverture soit trop grande pour la salle d’opération) et une photo de nous 4 prise la veille quand Valentin a soufflé sa bougie chez ses grands parents paternels.
Elle nous signale que si il a une infection l’opération réparatrice sera reportée. On lui demande pour le cathétérisme (kt) du lendemain. Elle ne répond pas mais nous demande la feuille du consentement!
Alex trouve l’enchainement de sa pensée surprenant et commence à s’inquiéter : et si il y avait un risque infection + kt? C’est à nous de dire non?

Elle emmène ensuite Valentin pour la PDS et l’electrocardio. Je demande si je peux l’accompagner. Je vois à sa tête que ça l’ennui, ce qu’elle confirme en me disant qu’elle n’en a pas pour longtemps. Je l’a préviens que Valentin peut ne pas être coopératif à partir du moment ou nous ne sommes pas là. Elle me dit que si il y a le moindre problème, elle vient me chercher.
Valentin est partie dans ses bras, sans pleurer. C’est déjà ça.
On attend, longtemps. Je tends l’oreille à l’affut des pleures de mon bébé.
Soudain je l’entends, je sort immédiatement dans le couloir. Ou il n’y a aucun bruit.
Je rentre dans la chambre, l’enfant pleure toujours. Il doit être dans une autre chambre. Ce n’est pas Valou.

Valou revient enfin. Il a les yeux rouge, une larme s’accroche encore à ses cils. L’infirmière me dit qu’il a été très coopératif, jusqu’à ce qu’ils l’allongent. Mais que ça c’est bien passé.
L’éléctrocardiogramme est bon. Il faut attendre pour les résultats de la PDS. Valentin a un pansement au creux du coude.

On nous demande de l’emmener faire une radio.
Je me souviens de l’endroit, et qu’il était rempli de monde qui attendait. On nous avait dit de couper la file d’attente, car on avait un bébé et qu’il était hospitalisé. Les gens nous avaient regardé d’un sale œil. Certain avaient été plus tolérant quand ils avaient compris que c’était pour notre bébé de 11 jours, mais pas tous.
Bref, on va faire la radio.
Et la bonne surprise il y a peu de monde. Il n’y a pas de file d’attente au secrétariat, nous sommes les suivants à passer de toute façon! Chouette.
Bon par contre, forcément, le mec avant nous est un râleur! Je ne vois pas l’intérêt de râler parce qu’il a perdu du temps à attendre, alors que le comble c’est que la personne à qui il parle lui dit qu’elle l’a attendu longtemps mais que comme il était en retard elle a fait passer des gens devant lui. Et lui de râler qu’il était là, il était là!!! Et ça continue et finalement ils perdent encore bien 15 minutes dans ce genre de stérilités…
Heureusement une autre personne est arrivée et nous prend en charge. Et comme Valou est un bébé et qu’il est hospitalisé, hop on passe encore devant ceux qui attendaient leur tour.

Alex installe petit bonhomme sur la table. Toujours aussi curieux Valou regarde tout autour de lui.
Alors que l’année dernière Alex avait mis une protection et on m’avait demandé de sortir de la pièce, là aucune protection, je reste dans un coin et même la porte est ouverte pendant la radio. A peine quelques minutes et nous avons la radio.

Nous retournons dans la chambre. On attend. Normalement nous devrions voir le cardiologue (qui est une cardiologue. Le docteur B est parti semble t’il)

L’anesthésiste passe dans la chambre.
Je lui demande à quelle heure je ne dois plus donner à manger à Valentin. J’ai très peur de devoir faire jeuner mon fils longtemps et qu’il ne supporte pas cela. J’ai peur qu’il pleure beaucoup et longtemps.
Verdict : comme je l’allaite, le lait est digéré plus rapidement, je peux lui donner le sein jusqu’à 4h. Et de l’eau jusqu’à 6. Valentin est le deuxième à passer, certainement vers 10h.

Puis c’est le médecin qui pratiquera le cathétérisme (KT) du lendemain qui vient nous voir. Il nous explique en quoi ça consiste.
Il s’agit d’un petit tuyau qu’il fait rentrer au niveau de l’aine, dans une veine, et qu’il remonte jusqu’au coeur. Puis il injecte un produit de contraste et il fait une série de « radio » pour voir comment sont les veines sur le cœur (les coronaires notamment).
Il nous explique que sur les adultes le kt est pratiqué en anesthésie locale, mais sur un enfant, notamment les bébés, c’est une anesthésie générale, d’une heure ou deux, pour ne pas qu’ils bougent. Comme l’anesthésie ne dure pas longtemps, ils ne sont pas intubés. C’est pour ça que l’infection n’empêche pas de faire cette opération.
Pour lui nous pouvons donner à manger à Valou jusqu’à 6h et de l’eau jusqu’à 7. Cette info me donne le sourire.

Enfin c’est les infirmiers de la nuit qui passent vers 21h. Ils prennent les constantes de notre petite colocataire.
Ils nous expliquent qu’ils laissent Valentin tranquille pour l’instant, mais que demain après le kt il sera sous monito pendant 4h.
Pour eux, je ne dois plus donner à manger ni à boire à mon fils à 4h. Arg 😦

Vers 19h30 nous avons donné à manger à notre titi.
Ensuite nous lui avons donné le bain.
On en a profité pour appeler le grand frère aussi. Qui va bien. Dés que nous montrons la photo de nous 4, Valou rit en montrant son frère. Nous lui donnons le téléphone pour qu’il entend son frère, il est ravit, il a le sourire jusqu’aux oreilles.
Dans l’après midi nous l’avons beaucoup baladé dans les couloirs. Je l’ai fait marché un peu. Il est aux anges : il y a du monde et de l’espace, il fait des sourires à tout le monde. Le personnel, les parents, les enfants. On a eu l’impression que c’était Disneyland pour lui!
Pas rancunier pour deux sous : il faisait de beau sourires à l’infirmière qui lui a fait la prise de sang. Chaque fois qu’elle le croisait dans le couloir elle venait le voir pour avoir un sourire.
En quelques heures on a eu l’impression que notre titi avait charmé tout le monde.
Nous qui avions peur qu’il soit un petit sauvage d’être gardé à la maison en voyant très peu de monde, nous avons (re)découvert qu’il était très sociable!
Nous qui avions peur qu’il soit traumatisé ou incommodé par le milieu hospitalier, nous découvrons qu’il y est à l’aise, heureux même. Et que c’est surtout nous qui sommes abattu d’être ici.
Alors on se reprend. Puisque lui va bien, nous aussi.

A un moment nous constatons qu’il a de nouveau de la fièvre. Pas beaucoup, 38°. Et il a toujours son petit rhume. Fait chi…. 😦
Les infirmières nous donne du dafalgan en pipette. L’infirmière nous dit qu’elle a ajouté du sucre. Arg. Valou n’aime pas l’eau sucré, je ne suis pas sur qu’il apprécie le mélange. Je bataille pour lui donner le dafalgan, mais il en avale suffisamment pour que quelques minutes plus tard la fièvre descende. Ouf.

Il est l’heure de se coucher.
Nous installons le lit. J’ai un peu de mal à le déplier, ma colocataire m’aide.
J’ai essayer de mettre Valentin dans le lit cage. il s’est mis à rire, à attraper les barreaux et s’est mit debout. Forcément. Le lit ressemble plus à son parc qu’à son lit à la maison.

nos petits coeurs - chambre hopital massy

Trop drôle des barreaux

Je décide de caler mon « lit » contre le mur et de dormir avec Valentin. Ça sera plus facile de l’endormir et pour lui donner le sein la nuit je n’aurais pas à me lever. J’ai un peu peur de la réaction du personnel hospitalier, certain ne sont pas favorable au cododo. On verra.
Alex nous quitte vers 21h30 pour aller dormir à l’hôtel en face. Je le vois, il a le coeur gros.

Valentin est excité comme une puce. Il tape des pieds, rigole, bouge dans tout les sens.
Heureusement nous lui avons bien expliqué que le bébé à côté fait dodo. Il semble avoir compris car si il bouge beaucoup il fait peu de bruit (ça sera comme ça tout le séjour! Super gentil avec le petit bébé mon grand bébé à moi).
Avec un gros câlin, je fini enfin par l’endormir.

Couché presque à l’heure des poules, j’ai du mal à m’endormir. Je le regarde. Il est tellement beau mon petit amour.
Je fini quand même par tomber moi aussi dans les bras de Morphée. Je dors mal, j’ai peur d’écraser Valentin. Le lit n’est pas large et je vous laisse deviner qui prend le plus de place. J’ai peur de le gener et de le réveiller. Mais avec du recul, je crois que Valentin était très content de dormir collé-serré contre maman.

Il me réveil plusieurs fois pour téter. Une fois vers 2h30.
J’ai mis mon réveil à 3h50 pour une dernière tétée.
A 3h30 surprise, un infirmier vient me réveiller pour que je donne à manger à mon fils. Il ne dit rien de nous trouver tous les deux dans le même lit. Ouf.
J’attends un peu, j’enléve mon réveil pour éviter de réveiller la maman et le bébé à côté. Et je tente de réveiller mon fils. Peine perdu, il dort profondément. Le bougre! Lui qui a le sommeil si léger à la maison!
Vers 4h il se réveil enfin, je lui donne le sein et…il ne mange pas! J’essaye encore et encore, jusqu’à 4h30. Je sais que j’ai dépassé l’horaire, mais comme il y a plusieurs sons de cloche je ne pense pas prendre un gros risque, d’autant que Valentin fait des petites tétées. De toute façon, il ne boit rien. Il me regarde, il sourit, le tétons dans la bouche, mais non il n’a pas faim.
J’ai un pincement au coeur, je me demande comment ça va se passer tout à l’heure quand il va se réveiller et que je ne lui donnerais pas ce qu’il veut…
Mais rien n’y fait, alors je le câline pour le rendormir…

Contre toutes attentes, Valentin n’a pas eu d’autre réveil cette nuit là. Il a très bien dormi.
A 6h les infirmiers repassent dans la chambre,pour prendre les constantes des enfants. Valou ouvre à peine un oeil et se rendort.
C’est une autre journée qui commence.

nos petits coeurs - chambre hopital massy

Fauteuil lit contre le mur pour le cododo

 

 

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4 réflexions sur “9 mars. A l’hôpital

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