Toi le connard de cycliste

Toi le connard de cycliste que j’ai croisé ce matin, j’ai un petit mot à te dire.

Tu étais en bande et tu t’es cru très fort.
Avec tes potes tu as empêché les voitures de circuler correctement, nous obligeants à rouler à 30 ou 40 km/h.
Tu as circulé en bande, bien étalé sur la voix. Faisant parfois des écarts pour faire peur aux imprudents qui osé te doubler.
Et tu as grillé tous les feux rouges que tu as croisé sur ton chemin.

Toi, gros connard, quand j’ai été juste derrière toi, lasse d’attendre encore, et un peu pressée, oui j’ai osé, j’ai OSE te klaxonner pour que tu te rabatte. Il y avait la place. Et toi dans toute ton incroyable grandeur tu m’a fait un joli doigt. Et avec toute ta générosité, tu t’es mis encore plus au milieu de la route, pour que cette fois, définitivement, je ne puisse pas te doubler.

Tu as eu de la chance. Si si, je t’assure.
Pendant une demi seconde de pure folie, j’ai cru que j’allais accélérer et de faire tomber, que dis je, voler, de ton si joli, mais si fragile, vélo.
Tu as de la chance, vraiment, j’ai pensé à mon fils à l’arrière de la voiture, j’ai pensé très très fort à lui. J’ai ouvert ma fenêtre et je t’ai hurlé dessus : « Hé j’emmène mon fils à l’hôpital connard! ».

Je l’avoue j’ai menti. Je n’allais pas à l’hôpital, mais chez le pédiatre. A la demande de l’hôpital. Pour que notre cher docteur identifie cette putain d’infection qui a tout remis en cause ces derniers jours.
C’était un rendez vous en urgence. Même si il n’y avait pas urgence, mais sinon c’était plusieurs semaines d’attente, donc il nous prenait en urgence. Entre deux autres rendez vous. Pour ce genre de rendez vous, on n’arrive pas en retard. Et malgré la confortable avance que j’avais prise, grâce à TOI, CONNARD, j’allais être en retard.

Je ne sais pas si tu as compris ce que j’ai dis, je ne sais pas si tu n’as pas plutôt entendu « vire toi ou je t’envoie à l’hôpital ». En tout cas tu t’es rabattu. Non sans me faire quelques gestes. J’ai alors baissé mon autre vitre pour te dire en te doublant : « Le code de la route ça existe pour tout le monde ».

J’aurais aimé te rappeler que dans le code de la route les vélo doivent circuler à la suite des uns des autres, pour pouvoir laisser les voitures les doubler.
Ils ont l’obligation de s’arrêter au feu rouge.
Et ils ne font pas d’écart exprès pour emmerder les autres usagés. C’est dangereux. Pour eux mais aussi pour les autres : une voiture qui double un vélo peut avoir la place de rencontrer un autre véhicule. Mais si elle doit faire un écarts parce que le connard sur le vélo fait mumuse-j’ai-des-couilles-je-suis-le-plus-fort, la voiture doubleuse va aussi faire un écart et provoquera peut être un accident.
Oui un vélo peut provoquer un accident ou lui même ne sera pas directement impacté.
Le code de la route, c’est pour tout le monde. Pour que tout le monde soit en sécurité!
La route ne t’appartient pas. Capiche?

Mais je voudrais te dire d’autre chose. Bien plus de chose.

D’abord, j’espère que je t’ai fais peur.
Parce que je me suis fais peur. Oui j’ai eu envie de t’envoyer dans le décor! Et encore maintenant en y pensant, ce n’est pas le fait de t’abimer ta pauvre tronche de connard qui m’embête, mais bien le fait d’avoir des soucis avec la justice pour un coup de folie, et de priver mes enfants de leur mère parce qu’elle sera en prison. A cause d’un connard comme toi.
Franchement, même en prenant du recul, même en me disant que tu as certainement femme et enfants, je ne trouverais pas ça juste.

Tu devais te sentir fort, entouré de tous tes petits camarades de jeux. Mais vraiment, tu ne l’es pas. T’es juste un connard sur la route. Un connard en vélo.

Ensuite je voudrais te dire qu’un jour, très certainement, tu vas tomber sur un autre connard de la route. Peut être un connard en voiture, ou en camion. Tu sais, il y en a un paquet.
Un connard qui ne va pas apprécié ton manège et qui va vouloir jouer avec toi, comme toi tu le fais. Qui va vouloir te faire peur, qui va peut être t’accrocher. Surtout j’imagine que si toi tu veux lui faire peur en faisant un écart, comme je t’ai vu faire, et que lui fait le même en ce rapprochant de toi pour te faire peur, je suis désolée de te le dire, mais c’est lui qui va gagner. Du moins il va gagner le droit d’amocher ta petit tronche.
Tu peux aussi tomber sur un connard qui accéléré quand il voit le feu vert au loin. Alors que toi tu ne t’arrête pas au feu rouge du croisement.Parce que oui, je ne sais pas si tu es au courant, mais quand le feu est rouge pour toi, il est vert pour d’autre. D’autre qui peuvent rouler vite! Et si tu croise la route, sans mauvais jeu de mot, d’un connard qui roule vite de loin, ou même qui grille les feu rouge comme toi, alors tu vas apprendre à voler. Sur 30m peut être.
Ou tu rencontrera peut être juste une personne plus en colère que moi, plus stressée, plus triste, plus fatiguée, qui n’aura pas son fils à l’arrière de la voiture pour lui rappeler que la vie est plus importante que les connards. Même la vie des connards.

Je reconnais que tu tombe au mauvais moment, que je suis un peu à cran et que je me défoule sur toi comme un puntching ball.
Je reconnais également qu’il m’arrive moi aussi d’être une connasse sur la route. Je fais attention, mais ça m’arrive. Dernièrement avec la fatigue, il m’est arrivée de bruler un ou deux feux rouges. J’en ai encore froid dans le dos.
Alors j’évite de conduire.
Surtout que sur le peu de sortie que j’ai faite cette année, j’ai chaque fois croisé un méga accident de voiture ou de camion ou de scooter avec plein de pompiers et de policiers. Et de ce que j’ai vu, du coin de l’oeil parce que je ne veux pas regarder, certainement pas sans morts.
Et quand ce n’est pas un accident c’est derrière un convois funéraire que je me retrouve.
La vie envoi de drôle de signe parfois.
Alors je ne sors que pour le strict nécessaire.
Mais tu vois connard, au delà de ce qui se passe dans ma petite vie à moi, ce qu’il faut retenir c’est que les accidents ça n’arrivent pas qu’aux autres.

Et tu sais, si ça t’arrive, si ta joli tronche se retrouve comme une merde sur le goudron, je vais être triste.
Oh pas triste que tu sois mort, je te rassure. Je m’en fout.
Mais je serais triste parce que tu sera tellement en bouilli, qu’on ne pourra même pas utiliser tes organes pour sauver la vie d’autre personne.
Et ça, ça sera vraiment du gâchis.

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5 réflexions sur “Toi le connard de cycliste

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