Mon mois préféré

Je n’aime pas novembre. C’est la période de l’année que j’aime le moins.

Ce n’est pas pour rien que je voulais reprendre le travail et laisser ma place à Alex, justement, là, début novembre.
J’aurais pu retourner au travail, voir des adultes tous les jours (autre que mon mari) et avoir une vie sociable. J’aurais pu refaire fonctionner mes neurones.
J’avais prévenu mon travail, qui me proposait une mission très intéressante, un « challenge », pour une petite durée (2 à 4 mois). Pile poile ce qu’il me fallait. J’avais refait mon CV, j’avais un peu peur de la mise en place (est ce que je dormirais toujours avec Valentin? est ce que ça serait compliqué de tirer mon lait? est ce que Valou accepterait de nouveau le biberon? est ce que j’allais m’effondrer de fatigue au bout de quelques semaines voir quelques jours?) mais j’étais aussi très excitée.
Alex aussi. Il avait bien envie de faire une pause dans son boulot, l’occasion de prendre du recul, peut être de revenir avec de bonnes idées. Et son boulot n’avait pas l’air contre, bien au contraire.
Et puis il avait envie de profiter de son fils.
Le pédiatre a mis fin assez clairement à nos envies de changement: trop de risque de voir l’allaitement s’arrêter, que Valentin ne mange pas, ne prenne plus de poids, voir en perde.
Alors je reste à la maison et Alex continue d’aller au boulot. On verra plus tard si y’a moyen de.

Et je me retrouve à la maison, au mois de novembre.

Je déteste novembre.
C’est un mois triste, gris, humide.
De toute façon un mois qui commence par la Toussaint, la fête des morts, ça donne le ton.
Repenser à tous nos chers disparus…
Et puis…
J’ai tellement de mauvais souvenirs lié à ce mois. Des personnes aimées qui sont parties, des anniversaires qui ne sont pas joyeux.
Cette année un « anniversaire » de plus : il y a bientôt un an, la terre s’ouvrait sous nos pieds.

Et puis il fait nuit de bonne heure. Je n’aime pas ça. Cette nuit là me fait peur, elle m’angoisse, elle est pleine d’ombres inquiétantes. Peut être est elle seulement peuplée de mes mauvais souvenirs. Mais elle me rend fébrile, inquiète. Les journées seront longues avant le retour d’Alex et de Gabi le soir.

C’est aussi généralement la période de l’année ou je fais le bilan.
Habituellement à cette période j’ai envie de changer de travail, j’ai envie de faire quelque chose de plus concret, de plus utile, de moins futile.
Souvent j’ai envie de « retourner à la terre ».
Cette année le bilan est plus compliqué : je n’ai pas travaillé depuis le 15 janvier, j’ai été une maman au foyer, pour une bonne raison c’est certain.
Mais je n’ai été presque qu’exclusivement que ça, une maman. Je ne peux même pas dire que j’ai pris soin de ma maison, de mon couple, ou de mon grand garçon. Pas le temps, pas l’énergie, quand on a un pitchoun qui ne vit que par vous et dans vos bras.
Peu de couture, peu de loisir. Lobotomisation télévisuelle. Et de l’ennui. Peu de tout et beaucoup de rien.
Il y a des bons côté quand même : je vois mon bébé grandir, je profite de lui, de ses sourires. Mon rayon de soleil.
Mais j’ai quand même la sensation d’être très inutile.
C’est comme ça, c’est novembre.

 

Mais bientôt il y aura décembre.
Décembre c’est …compliqué.
Ça peut être merveilleux, plein de douceur, de lumière, de magie. Parce que c’est Noel.
Et Noel ça peut être compliqué. Parce que c’est une fête de famille et que ça peut virer à la prise de tête.
Et puis c’est une fête de plus en plus commerciale et ça me déplaît. Trop de dépense d’énergie ou d’argent pour des futilités et pas assez pour des choses tellement importantes : passer du temps tout simplement avec les gens qu’on aime.
Mais avec les enfants, Noel devient vraiment magique. Les étoiles dans les yeux de Gabriel ont donnés à cette fête une tout autre dimension.
Gabi a 5 ans. L’année prochaine le CP. On nous a déjà prévenu que ça serait un cap, que les enfants plus âgés s’empresseront surement de lui révéler la vérité sur le père noël. Ça ne m’enchante pas que mon fils se rende compte qu’on lui a menti. Mais on verra l’année prochaine.
Et puis on retrouvera les étoiles dans les yeux de Valentin.

Ensuite janvier.
J’aime janvier. La nouvelle année pleine de promesse, le froid sec, parfois un petit manteau blanc.
J’aime la neige, vierge, pure, le silence ouaté qui s’installe avec elle. L’impression d’être coupé du monde.
Bien sur j’aime moins devoir aller au travail avec de la neige et les risques d’accidents. Mais bon…
Et puis, à partir du 25 décembre, les jours rallongent. Pas de beaucoup, mais psychologiquement ça change tout.

Février, les jours les plus froids. Et souvent beaucoup d’eau.
J’aime moins février que janvier. Je commence à trouver l’hiver long et j’ai hâte d’être au printemps.

Et mars.
Là commence la période que je préfère.
Les jours s’allongent de plus en plus, le fond de l’air se réchauffe, il y a souvent de belles journées ou l’on peut faire tomber le pull dans l’après midi.
La sève commence à remonter dans les arbres, on aperçoit les premiers bourgeons, les oiseaux piaillent, les fleurs pointent leurs pétales.
La nature se réveille. Ça s’en le printemps.

Avril le confirme.

Mai et juin. Les deux mois que je préfère.
Les jours les plus long. En juin certaines nuits restent très clairs.
Souvent nous avons en Normandie de beaux printemps.
Il fait bon, mais pas trop chaud. Idéale pour moi.
L’été est plein de promesse. On profite des jours fériés en attendant les vacances.
La nature est verte tendre, les animaux ont leur bébé, les fleurs sont belles.
Il me suffit de regarder par la fenêtre, une bise qui fait chanter les feuilles des arbres, les oiseaux qui volent et se poursuivent, le ciel bleu…je me sens bien.

Et voila juillet. Déjà.
J’aime moins l’été que le printemps.
Je sais que l’été passera vite.Trop vite. Il y a une espèce d’urgence à profiter de chaque journée de soleil, presque une obligation de résultat.
Le vert de la nature devient plus foncé, plus profond.
Il fait plus chaud, le soleil est un peu agressif. Je suis allergique au soleil, au sens propre: j’attrape de grosses plaques cracra degeu sur le décolleté si je reste trop au soleil sans protection.
Parfois il pleut et j’aime cette pluie qui sent la poussière et réveil la nature.

Août s’installe et brûle l’herbe. La terre est sèche et se craquelle. L’air est lourd de chaleur.
L’urgence est encore plus présente, il faut absolument profiter des dernières semaines de l’été.
Pour nous c’est le temps des vacances, moments familiales.
A la fin du mois, on ressent déjà que les jours ont raccourcit, la nuit tombe plus vite.

Septembre apporte l’effervescence de la rentrée.
Il pleut plus souvent mais il y a encore de belles journées. Le fond de l’air se rafraîchi même si il peut faire chaud l’après midi.
L’été est finie, je suis souvent un peu mélancolique.
Et la nature se prépare encore au changement.

Les couleurs d’octobre, les rouges, les ocres et l’or. L’automne s’installe.
La nature se pare de mille feu, elle est magnifique. Elle semble vouloir tout donner juste avant…

Novembre.

Je vis au rythme de la nature.
J’aime les odeurs, les lumières, les sons, les couleurs qui changent au rythme des saisons ou du temps.
J’aime chaque moment de l’année, même si j’ai une préférence pour la période allant de mars à juin.

Mais novembre c’est la nature qui s’endort et les feuilles mortes qui tombent.
J’aime pas novembre.

 

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Une réflexion sur “Mon mois préféré

  1. Pingback: De la poussière sous le tapis | Nos petits coeurs

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