23 octobre : un petit tour à l’hôpital et puis s’en va…jusqu’à la prochaine fois

Voila. Le 23 il a fallu aller à l’hôpital pour la première injection du synagis.

Je n’étais jamais rentrée dans le CHU de Caen.
C’est un grand bâtiment gris, mastoque, tout en béton. Il est visible de loin, de très loin. Par temps claire on peut le deviner de la plage Du Havre.
Je trouve que c’est un bâtiment triste.
A une époque je travaillais juste à côté, je passe encore très régulièrement devant.
Et je ne l’aime pas, ce bâtiment.
Il est moche et triste.
Peut être aussi parce que c’est un hôpital et que les personnes qu’on connait y vont rarement pour de bonnes nouvelles.

Mais là, je devais y rentrer.
Pour rencontrer de nouvelle personne, encore, dans le parcours médical si particulier de Valentin.
Pour qu’on lui fasse une injection dont on m’avait prévenu qu’elle était très douloureuse.
Alors forcément, je n’avais vraiment pas envie.

Nous avions rendez vous à 11h30.

J’ai mis un réveil. On ne sait jamais, je dors de façon tellement décousu qu’il m’aurait encore été possible de me rendormir après une énième tété et de louper l’heure.
J’ai préparé Valentin, tété-couche-vêtements, posé le patch anti douleur, vérifié encore et encore le sac à langer, le carnet de santé, les comptes rendu du cardiologue. Au cas ou.
J’étais prête bien avant l’heure du départ.
J’avais mal au ventre, je me sentais fébrile. Valou, lui, râlait, voulait les bras.
J’ai décidé de partir, quasiment une demi heure plus tôt que prévu. Au cas ou il y aurait des bouchons, au cas ou je ne trouverais pas de place ou me garer, au cas ou je ne trouverais pas facilement l’endroit ou aller.
Et puis…au cas ou le courage me manquerait.

Valentin c’est calmé dés que la voiture s’est mise à rouler. Il a regardé le paysage, fasciné. Au bout d’une dizaine de kilomètre il dormait.
Malheureusement pour la sieste de mon petit bonhomme, nous n’avions que 15 kilomètres à faire.
Mais forcément, j’ai loupé le parking visiteur, j’ai tourné un peu dans le quartier. J’ai fini par trouver une place. Petit bonhomme a eu un peu de rab de sieste.

Une fois garé, j’avais toujours mal au ventre. Nous avions encore 20 minutes devant nous.
J’ai placé Valentin dans le porte bébé Mai Tei. Ça l’a réveillé. Mais il n’était plus grognon. Juste curieux.
Et on a cherché l’entrée du bâtiment.

J’ai pris mon temps, j’ai marché tranquillement. Il y avait un petit vent froids et un ciel gris. Triste bâtiment, triste temps.
Et puis j’ai trouvé la porte principale, dans le nouveau pavillon. Et je suis entrée.

J’ai eu l’impression de me retrouver dans un hall de gare. C’est grand, c’est épuré, c’est froid et anonyme. A moins que ça ne soit que moi qui n’avait pas envie d’être là.
J’ai suivis les instructions que l’on m’avait fourni : suivre la ligne rouge, les ascenseurs, le 2 éme étage, le couloir rouge.
La porte à gauche et l’interphone.

Après avoir sonné à l’interphone, j’ai entendu le « bzzz » qui annonce le déblocage de la porte. Je suis entrée et je me suis retrouvée dans une « salle des parents ».
Les casiers, les procédures pour se laver les mains, le canapé, la télé. Forcément ça m’a rappelé une autre salle des parents. Celle ci est plus grande, plus lumineuse, plus gaie.
Parce que c’est en néonatalogie qu’on fait les injections. On me l’avait dit, mais encore une chose que j’avais relégué dans un coin de ma tête sans trop « imprimer » l’information.
Ça m’a fait bizarre d’être là.

Je ne sais pas trop quoi faire. Personne n’est venu nous chercher. Je m’avance doucement dans le service, j’ai peur de déranger.
Je me dis que pas loin, derrière les portes, il doit y avoir des bébés tous petits, qui se battent pour vivre, et des parents inquiets.
Une personne passe, infirmière ou puéricultrice, me demande pourquoi je suis là. J’explique. Je n’ai plus en mémoire le nom de la personne que je suis venue voir, mais la personne en face de moi comprend et me dirige vers un bureau.
La personne qui doit nous recevoir est au téléphone. Mais assez rapidement raccroche.

Elle parle d’une voix très douce, elle parle à Valentin qui la regarde intensément. Elle m’explique un peu l’injection (ce n’est pas un vaccin mais un fortifiant/anticorps, il n’y a pas d’effet secondaire. 950 euro pour 100ml. 15ml/kg, 5 injections, une tous les mois d’hiver. Au delà de 8 kilo on procède en deux piqûres, une sur chaque cuisse.), me donne des papiers et me dit qu’il va falloir patienter car le produit doit être dilué pendant 20 minutes. Elle me propose d’attendre ou d’aller au secrétariat faire les papiers de prise en charge. Je choisi cette deuxième option, puisque de toute façon il va falloir la faire. Et que je n’ai pas particulièrement envie de m’attarder au CHU.
La personne m’explique le chemin : au fond du couloir, les ascenseurs, le 1er étage, à gauche, la passerelle, le bureau vitré.

Je sors du service, et fait malencontreusement claquer la porte de la salle des parents. Je m’en veux de troubler la tranquillité des lieux.

Je suis les directives que l’on m’a fourni et j’arrive devant les ascenseurs. « Réservé au personnel ».
Je rebrousse chemin, je reprends l’itinéraire que j’ai effectué quelques minutes plus tôt pour arriver au service de néonatalogie et reprendre l’ascenseur de mon arrivée. Je me rend compte que je suis en maternité.
1er étage, il n’y a pas de porte là ou je l’espérais, comme à l’étage du dessus. Je longe un couloir et je me rends compte que je suis dans le service d’hospitalisation des enfants. J’aperçois dans les chambres, par les portes ouvertes, des lits cages, pour petits enfants, des enfants sur des lits « normaux », des parents…j’accélère le pas.
Je trouve une porte sur ma gauche. Une fois qu’elle se referme sur le service, je me rends compte qu’elle est réservée au personnel.

Décidément, je me paume, je ne me sens pas à ma place. C’est un labyrinthe qui va finir par nous engloutir mon bébé et moi.
Valentin est calme, il est curieux de chaque mur, chaque fenêtre. Il observe tout, très sérieusement.

Enfin je trouve « la passerelle ». Et après…je ne sais plus ou je dois aller, je ne me souviens plus.
Je vois plusieurs bureaux, mais ça ne correspond à rien dans ma petite tête.
Sur le papier qu’on m’a remis il y a le nom du bureau. Ouf.
Je m’avance encore et je fini par le trouver. Je m’attends à devoir patienter, mais non il y a deux bureaux et seulement une personne d’occuper.

Formules de politesse et explications.
La secrétaire cherche dans son ordinateur et me dit qu’elle ne trouve rien au nom de Valentin.
Je lui précise que Valentin n’est pas né dans cet hôpital.
« Ha? »
Je me demande si il va falloir raconter toute l’histoire, mais finalement non.
Elle crée le dossier à partir de mes cartes vitale et d’identité, me fait signer les papiers.

Pendant ce temps, Valentin s’agite un peu plus dans le porte bébé : il fait des sourires à qui veut. Il a l’air content de voir du monde.

Je repars vers la neonat.
Je cherche un ascenseur ou des escaliers qui pourront m’emmener à l’étage, sans qu’ils soient réservés au personnel et sans avoir à repasser par le service des enfants. Non vraiment je n’y tiens pas.
Je passe devant un service de pédiatrie, le service de la PMA, et je ne sais plus quel autre. J’ai l’impression que je vais finir par tous les faire. Et que cet hôpital va m’engloutir.

Finalement me revoilà en néonatalogie.
Et on va pouvoir faire l’injection.
J’installe Valentin sur le lit et lui ouvre sa salopette. Je dégage bien ses jambes.
Il ne dit rien, il est de nouveau très sérieux et en observation.
Le médecin (ou l’infirmière? je ne sais pas et j’en suis désolée pour cette personne qui nous a reçu) parle à Valentin, lui explique ce qu’elle va lui faire.
Elle lui enlève le patch et m’explique qu’il vaut mieux utiliser de la crème que des patchs qui collent à la peau et peuvent irriter. Elle m’explique comment faire pour la prochaine fois. (mettre de la crème sur le haut de la cuisse et l’enrouler avec du cellophane)
Elle parle d’une voix très douce, calme, apaisante. Elle explique les choses sans brusquer ni Valentin ni moi. Ses gestes sont également empreint de douceur.
Et puis voila, c’est le moment. Elle m’explique encore une fois que l’injection est douloureuse, mais nécessaire. Elle me propose de tenir les mains de Valentin.
Elle le pique, il ne dit rien. Elle injecte, petit à petit mon bébé commence à pleurer. Et me regarde.
Je ne peux m’empêcher de penser: « tu dois te demander pourquoi je laisse les gens te faire du mal ».
Alors je lui parle au creux de l’oreille et je lui dis : « je sais que ça fait mal mon bébé, mais c’est pour empêcher que tu sois malade et que tu es encore plus mal ».
Après l’injection, la dame masse la cuisse. Rapidement Valentin ne pleure plus, il nous regarde, il exprime encore quelques sanglots.
Elle le félicite et me dit qu’il est bien courageux.
Dans un coin de ma tête je me dis qu’il va lui en falloir du courage, souvent, dans les mois qui viennent.

Nous discutons un peu. La personne me pose des questions sur le parcours de Valentin, pourquoi la naissance à Massy, pourquoi le suivit cardio par le docteur I et pas par le CHU. J’explique, elle comprend.

Nous prenons rendez vous dans un mois.

Je range les affaires, Valou est rhabillé et je le remets dans le porte bébé. J’en profite pour lui faire plein de bisous.
Et hop on repart.

Cette fois, quand je sors de la salle de parents, je fais attention que la porte ne claque pas.
Bizarrement je retrouve le chemin de la sortie rapidement et facilement.
Nous rentrons à la maison pour que le reste de la journée se passe en câlins, bisous et cocooning.

 

Voila. Encore une étape de franchie.
Notre petit champion à été très courageux. C’est la dame qui le dit.

 

 

 

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