L’aimerai-je autant ?

J’ai souvent entendu cette question dans la bouche de parents attendant leur deuxième enfant : est ce que j’aimerais autant cet enfant que celui qui est déjà là?

A l’époque je répondais que pour moi on ne pouvait aimer ses enfants exactement pareil, mais qu’on les aimait avec la même intensité.
C’étais facile pour moi de dire ça, je n’en avais qu’un.

Forcement quand on attendait Valentin, je me suis posée la question. Je me suis aussi demandée : et si je me trompais? si finalement je faisais des différences? que j’avais une préférence?

Difficile à l’époque pour moi d’envisager d’aimer Valentin plus que Gabriel, tellement j’aimais mon grand fils.

Enceinte j’avais déjà un début de réponse. Valentin prenait déjà une place dans notre coeur, nous l’aimions déjà, même si c’était forcement d’une façon particulière puisque nous ne le connaissions pas vraiment.

Et puis il est arrivé. Avec lui la fatigue c’est installée.
Pendant un mois j’ai eu l’impression d’être anesthésié des sentiments. Je me sentais à côté de la plaque. Alors que j’avais aimé Gabriel de façon si totale encore quelques jours avant, j’avais l’impression d’être presque indifférente à mes fils, d’agir en robot. Je les prenais dans mes bras, les câlinais, les bisoutais, j’avais envie d’être avec eux, et en même temps je me sentais distante, je supportais plutôt bien (mieux que je ne le pensais possible) le fait de ne pas être avec eux. Peut être un mécanisme de défense aussi par rapport aux quelques jours que nous avons du passer sans eux.
L’avantage c’est que j’étais beaucoup moins angoissée. Ce qui pouvait me terrifier avant me laissait presque froide, avec un soupçon de fatalisme : si ça devait arriver ça arriverai, je n’y pouvais rien. Alors que jusque là j’avais toujours été hyper vigilante pensant de cette façon pouvoir éviter les soucis, les gros problèmes, pensant pouvoir protéger ma famille.

Ça a duré un mois.
Au bout d’un mois il y a eu la varicelle. Et les angoisses sont revenues. Et les sentiments se sont réveillés. Et les larmes ont coulées. Mais je suis redevenues moi même. Est ce bien ou mal? c’est sur que être moins angoissée était reposant, mais ça n’était pas moi, et je finissais quand même pas avoir peur d’un pétage de plomb à un moment ou un autre.

Et mon amour pour mes fils dans tout ça?

Et bien je ne les aime pas de la même façon, pas pour les mêmes raison, mais je les aime autant.
Il y aura des différences, parce qu’on ne peut pas élever deux enfants différents, avec 4 ans et demi d’écart, exactement de la même façon.
D’abord le premier essuie les plâtres, on fait des erreurs, qu’on ne refait pas avec les suivant. Mais on en fait d’autre.
Ensuite chaque enfants est différent. On les apprécie pour des choses différentes, on parle de sujets différents, on est plus ou moins à l’aise. C’est comme ça. Ça ne veut pas dire qu’on en sacrifierait un pour privilégier l’autre. Ça ne veut pas dire qu’on en aime un moins que l’autre.

Après il y a des familles ou il y a des différences, des « chouchou ». Ou l’on accorde plus d’amour, plus d’attention, de compliment ou de chose matériel à un enfant. J’espère que nous éviterons ça, car je trouve cela détestable. Si je trouve acceptable de se sentir plus à l’aise avec un enfant, parce que certain caractères s’accordent mieux, je trouve déplorable de n’accorder son attention, son amour, qu’à cet enfant. Parce que ça rend malheureux les autre. Je pense qu’il est possible de trouver des points communs avec chaque enfant et de mettre en valeurs leurs qualités.
Après je n’ai que deux enfants en bas age, peut être que plus tard je changerais d’avis? J’espère que non.

Pour en revenir à mes loulou, que j’aime autant l’un que l’autre!
Actuellement je préfère passer du temps avec Valentin. Certainement que les hormones n’y sont pas pour rien, et quelles me disent que c’est lui qui a le plus besoin de moi. Et puis l’expérience que j’ai eu avec Gabi, je gère mieux la fatigue je passe beaucoup plus de temps avec Valentin dans les bras que je ne le faisais pour Gabriel. Je sais que bientôt il aura moins besoin de moi, que ça ne durera qu’un temps, alors j’en profite.
Pour autant je passe quand même du temps avec Gabriel, j’essaie de nous trouver des activités ensemble. Ce week end nous avons fait de la peinture, le week end d’avant de la cuisine et nous avons été seulement tous les deux nous promener à une braderie. J’apprécie ces moments avec lui. Mais j’ai quand même bien du mal à lâcher Valentin, au propre comme au figuré.

J’ai constaté aussi que je m’angoisse moins pour Gabriel maintenant. La venue de Valentin m’a fait prendre conscience qu’il était déjà assez autonome, plus si petit, qu’il avait moins besoin de moi, qu’il n’était pas si fragile.
Avant la naissance de Valentin je me disais que si mon niveau de stresse pour les enfants était doublé, ce serait l’enfer et je ne vivrais pas longtemps avant de faire une crise cardiaque! lol
Finalement j’ai l’impression que je stresse moins pour Gabi, même si je stresse pas mal pour Valentin. En temps habituel j’ai l’impression de moins m’inquiéter pour Valou que je ne le faisais pour Gabi (bien sur hors situation exceptionnelle comme la varicelle!! lol)

 

Mais quoiqu’il en soit, nous sommes fières d’eux, nous apprécions leurs deux caractères bien différents, nous aimons les moments que nous passons avec eux. Ils sont nos deux petits coeurs d’amour!

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s