7 mars : une longue journée.

Je me suis demandée longtemps comment appeler cet article. Car ça a été une journée très particulière. Une vrai journée de merde par certain côté. Mais c’est aussi la naissance de Valentin, ce qui reste une belle nouvelle.

Ca a était vraiment, une longue journée.

 

La nuit a été courte. J’ai révé que j’avais des contractions. J’ai espéré que le travail commence dans la nuit…
A 6h30 nous nous sommes levé. J’avais déjà enlevé la pluparts de mes bijoux (pendentifs, boucles d’oreilles). Il ne me restait que mon alliance, que j’ai confiée à Alex.
J’ai été prendre ma douche à la Bétadine.
Le moral dans les chaussettes et la trouille au ventre.

Je ne suis pas très courageuse fasse à la douleur, alors me refaire ouvrir le ventre, le souvenir de la péridural, tout ça n’avait rien pour me faire sourire.

Mais à peine le temps de se retourner, que le brancardier était déjà là, à 7h30 (alors qu’on pensait 8h).
Ca va vite, je sens la panique me prendre. J’ai peur qu’Alex ne puisse pas nous suivre. Je suis allongé sur un brancard et je mets un moment à l’apercevoir derrière nous. Il nous suit jusqu’à une salle d’attente. Petit bisous rapide.

J’ai la trouille, je sens que la crise de larme n’est pas loin. Je prend un maximum sur moi.

Je suis en salle de pré opération. Les brancards arrivent au fur et à mesure. Le temps passe très très lentement.
On me pose une perf. Je n’aime pas être piquée. Et ce n’est que le début.

On déplace mon brancard. Je ne sais pas trop pourquoi. Le personnel plaisant beaucoup, j’ai l’impression qu’ils râlent aussi sur leur conditions de travail. Sentiment d’être un objet. Et aussi un peu d’insécurité. Très bizard.

8h15 un mec décide de me poser ma rachi (un peu genre « j’ai rien à faire, je vais faire ça »). Un m’appui sur les épaules pour que je sois en boule (très pratique avec mon ventre), pendant que l’autre me pique. La piqure de l’anesthésiant fait mal. Très. Si le balèze ne m’appuyait pas sur les épaules pour que je reste vouté, forcement je me serais redressé. J’ai même dit des gros mots. Mais après je ne sens pas l’autre piqure. Mais le produit qui fait chaud par ou il passe. On me rallonge. J’ai des fourmis dans les jambes. Petit à petit je ne peux plus les bouger. Très étrange comme sensation. Pas très agréable d’essayer de bouger et de ne pas y arriver.

8h30 je suis dans le bloc. J’ai l’impression qu’une éternité à passé. On me met un drap à 10 cm de la tête, je ne vois plus l’heure. Les bras en croix mais pas attachés : un côté la perf, de l’autre la tension. On me met un masque à oxygène.
Le gyneco arrive. Je reconnais sa voix. Il parle avec l’équipe « l’équipe cardio est pas arrivée ? Faut les rappeler ». Ben oui quand même, c’est un peu pour les avoir sous la main que j’en suis là.
Ca dure, ca dure. Je ne sais pas ce qui se passe. Je « sens » qu’il se passe des truc (sans avoir mal), je ne sais pas si ça a commençait, ou on en est. Rien.

Et puis a un moment je ne me sens pas très bien, mais je ne peux pas parler avec le masque. J’ai l’impression qu’on me compresse les poumons, que je ne peux plus respirer.

Et puis… j’entends pleurer. 2 petits cris. Et puis plus rien. Mon bébé est parti.

J’entends « naissance : 8h47 ». Ok.

Une sage femme, ou une infirmière, me demande si ça va. Je demande si mon bébé va bien. Elle me répond que la sage femme qui l’a emmené et qui a l’habitude, le trouve bien.

Le temps passe, s’attire.

 

Tout d’un coup on me présente mon fils, il est habillé. On me dit qu’il ne peut pas rester longtemps. On me le colle contre le visage, trop prés je ne le vois pas, et avec mon masque je ne peux pas l’embrasser !!

Je recule la tête, j’essaye de demander qu’on me retire le masque. Pour un peu je paniquerais.
On m’enlève mon masque. Je fais un bisou à mon bébé, il est tout doux, tout chaud. Il ne pleure pas. Il me regarde. Je lui dis que je l’aime, qu’il faut qu’il soit courageux. Encore un bisou et il n’est déjà plus là. Ca a duré 30 secondes.

J’espère qu’il part rejoindre son papa.

 

Le gyneco n’en fini pas de faire je ne sais quoi. J’entends « ça saigne beaucoup » « ce n’est pas normal », il ne trouve pas les résultats de la « num », la « coagul n’est pas bonne ». Je ne me sens pas bien. Et à l’entendre je ne me sens pas mieux.

Je sens qu’il y a des choses qui « tombent » sur ma poitrine. Je me demande même si il ne s’essuie pas sur un linge posé sur ma poitrine. J’ai l’impression qu’il oublie complètement que derrière le drap il y a quelqu’un. Quelqu’un de conscient qui plus est.

Il fini par partir.

On m’enlève le drap. Il est 9h30.

J’arrive en salle de réveil. Je pleure. Je pense à mon bébé que j’ai à peine vu. Pendant 2h qui m’en semble 10, je vais rester là. Je vois des gens arriver puis partir. Je ne sais pas pourquoi moi je reste. Le personnel est le même. J’ai un peu l’impression qu’on m’oublie.
Je vois passer 3 enfants les uns après les autres. Ils pleurent. Ca m’achève leur chagrin. Je me dis que dans quelques mois ça sera mon bébé.

Effet secondaire de la rachi : ça me démange de partout !

Mes jambes se réveillent petit à petit. La cicatrice aussi. Une femme m’appuis sur le ventre, ça fait mal. Elle me dit que ce n’est pas possible, que l’utérus ne fait pas mal et que pour la cicatrice les nerfs ont été coupés !

Elle me met des calmants dans ma perf et appel quelqu’un pour me remonter dans ma chambre. Enfin. Il est 11h30.

12h, j’arrive enfin dans ma chambre. Alex m’y attend. Je dois passer du brancard à mon lit, pas évident. J’ai les jambes encore engourdit, mais je commence à avoir mal.

Enfin on est tous les deux, Alex et moi. On pleure. On est triste.
Alex me donne les informations : poids (3.770 kg), taille (50 cm) (dire qu’il devait être dans les courbes basses et faire à peine 3kg !) et que la fameuse 1/2h promise il ne l’a pas eu. Il a pu voir Valentin parce qu’il a attendu dans le couloir et pas sagement dans la salle d’attente. Donc quand il a vu un bébé passait il s’est dit que c’était le notre et a suivit.
Il me dit que Valou va bien. Mais que les médecins ont dis qu’on avait eu raison d’accoucher ici. Ca veut dire que la situation n’est pas folichonne. Il a des larmes plein les yeux, moi aussi.

Alex à envoyé des sms pour prévenir les personnes auquel il a pensé. Il me parle des retours. Sensations bizarre pour moi : beaucoup de monde à été au courant avant moi. Mais il a bien fait, naturellement.
Je regarde les photos de mon fils prise avec le téléphone d’Alex. Encore et encore. Heureusement que le numérique existe!

 

En début d’après midi Alex retourne voir Valentin.
Moi j’ai mal. On me met des calmants dans la perf.
J’ai encore une sonde urinaire, ma perf et deux redons (drains) qui sortent de la cicatrice.

J’ai encore mal. Quand je le redis, on me propose un dérivé de morphine, dans la perf. Que j’accepte. On me prévient que je vais être shooté. Et que si j’ai encore mal on ne peut rien me donner de plus.

Sauf que…j’ai toujours mal.

Je passe une bonne partie de l’après midi dans les vapes à cause de la douleur. Mais je ne dis plus rien, je sais que j’ai le max de médoc.

Alex revient et m’annonce que Valou est désormais sous perf. Sa saturation en oxygène à chuté, les médecins ont commencés la prostine. Et que l’opération est bien nécessaire. Lundi ou mardi. Nous pleurons.
Au moins je n’ai pas eu cette césarienne « pour rien ».
Et cette fois il n’y a plus d’espoir que je vois mon fils dans la journée. Il n’est plus déplaçable et je ne le suis pas encore.

 

Une infirmière passe. On lui fait remarquer que la perf passe très lentement. Ah ben oui. En fait ça ne passe même quasiment pas. C’est pour ça que j’ai si mal. Elle décoince tout. Je me trouve assez rapidement de nouveau dans les vapes, cette fois à cause des produits. Je n’ai plus mal. Je comate.

Alex retourne encore une fois auprès de Valentin.
Vers 18h j’utiliser pour la première fois le tire lait (j’entendrais tout et n’importe quoi par la suite : que je commence trop tôt, qu’il faut que je le fasse que 3 fois par jour, etc. Je me base sur ce que m’a dit ma sage femme de Caen spécialisée en allaitement : le plus vite possible, 6 à 8 fois par jour. Je VEUX que ça fonctionne, même si ça fait mal car ça donne des contractions !)

 

On fini par se coucher après une journée longue, difficile, éprouvante.
J’ai beaucoup de mal à m’endormir car j’ai mal au dos à force de ne pas bouger. Et je ne peux toujours pas trop bouger sans avoir très mal. J’en pleurerais. Bref la nuit s’annonce épique.

 

Et nous sommes de nouveau parents, d’un petit bébé pas si petit et très beau. Mais on ne réalise pas très bien. L’inquiétude et le manque de ce bébé prennent malheureusement le pas sur le bonheur de son arrivée.

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2 réflexions sur “7 mars : une longue journée.

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