3 mars : dépars du havre et arrivée à Massy

Depuis vendredi soir on ne peut pas dire que le moral soit top. Régulièrement je sens les larmes me monter aux yeux.
Samedi se passe tant bien que mal. On fait et refait les valises, on vérifie les listes (chose à faire, etc). Gabi passe l’après midi à l’anniversaire ou il est invité, il est ravi. Ca fait plaisir.
Dimanche commence comme un dimanche normal : câlin dans le lit, chasse aux croissant, petit dej. Puis Alex et moi regroupons tout pour charger la voiture. Gabi joue, vient nous voir, repart. Il est adorable mais un peu tendu. Moi je m’énerve pour un rien. Gabi à chaque fois qu’il m’entend rouspéter a peur d’avoir fait quelque chose de mal, alors je passe un moment avec lui, des câlins, des bisous, et je lui explique que je suis un peu stressée car je ne veux rien oublié. Il comprend.
Alex tourne un peu en rond. Après avoir mangé, on range, on nettoie. La maison est plus propre que d’habitude. Je fini par comprendre qu’Alex retarde le moment de partir.
Et puis, il faut bien partir.

Arrivée au havre, Gabi est ravi. Enfin c’est les vacances chez papy et mamie coptére. On passe la fin du dimanche tranquillement. Je suis très tendue. Je fais des recommandations aux grands parents (médicaments, questions du moment, …) dans le désordre. J’ai peur d’oublier des choses.
On fini par se coucher. Je m’effondre en larme. Une vraie crise de larme comme ça ne m’est pas arrivée depuis longtemps. J’essaye de ne pas faire de bruit pour ne pas réveiller mes hommes. Et puis tant bien que mal, j’arrive moi aussi à m’endormir.

Lundi matin. Gabi se réveil de bonne heure. J’ai la tête dans le c…mais pour une fois je ne tarde pas à me lever. On petit déjeune tous ensemble, on s’habille, on se prépare. Nous avons décidé de partir après le repas de midi, pour être à la mater avant 17h. J’ai le moral en dent de scie. Mais Gabi est là et c’est mon meilleur soutient : séance de chatouille, de câlins, de blague. Il me permet d’oublier.
Nous partons faire une balade à pied, on passe à la fnac. Alex et moi ne sommes pas du genre à acheter des cadeaux à Gabi juste « comme ça ». Mais la, un peu de culpabilité, et surement beaucoup de chagrin aussi, nous lui achetons une boite de légo. Il ne réclamait même pas, pas le genre à faire un caprice, mais on voit bien qu’il est très heureux avec sa petite boite.

Après le déjeuner, on traine. Mais il faut qu’on se décide à partir. Pendant qu’Alex charge de nouveau la voiture, je fais le tour de l’appartement pour vérifier qu’on n’a rien oublié. Dans la chambre, devant le lit de mon petit bonhomme, en regardant ses doudous, je pleure de nouveau. Je serre les dents tout ce que je peux, mais les larmes ne s’arrêterons pas. Je ne veux pas que Gabi me voit comme ça, mais je veux aussi profiter des derniers moments avec lui…Heureusement mamie a sortie les boites de lego d’Alex quand il était enfant. Pour Gabi c’est presque la caverne d’Ali Baba. Il est tout excité. Notre dépars ne l’émeu pas plus que ça.
Et puis, il faut bien dire au revoir. Gabi vient me faire un câlin. J’ai peur de sa réaction vis-à-vis de mes larmes. Mais il me sert dans ses bras et me dit « Vous n’avez pas envie d’aller à l’hôpital mais il faut bien y aller. » Et hop, encore un petit bisou et il retourne à ses lego.

Voila, mon petit bonhomme de 4 ans et demi, il a tout compris. Il me scie complètement.
Je crois que moi, c’est à ce moment là que j’ai compris que ces derniers jours, si je tenais le coup, c’était grâce à lui. Pas tant parce que je souhaitais faire bonne figure devant lui pour ne pas qu’il s’inquiète, mais plutôt parce qu’il me transmettait sa joie de vivre, sa force, son amour. Parce que chaque jour il me prenait par la main et que tout était porteur d’espoir.
Et devoir partir sans lui, ne pas savoir exactement quand je vais le revoir, ça a été très très dur. J’ai pleuré au moment de quitter l’appartement (pas devant lui heureusement) jusqu’à plus de la moitié du chemin vers la maternité.
Alex aussi avait les larmes aux yeux. J’aurais voulu lui parler, lui remonter le moral, l’aider, mais j’avais la gorge nouée et je pense que lui aussi. Et j’aurais été bien incapable de mettre des mots sur mon ressenti : du chagrin de devoir en passer par là, pour Valentin, pour Gabi, pour nous. De la colère. De la peur. Du désespoir.

J’ai dormi un peu sur la route, je pense que ça m’a fait du bien. Valentin a gigoté doucement pendant tout le trajet.

Arrivée à Massy vers 16h30. Nous sommes passés directement à l’admission. 1h d’attente. Pendant laquelle j’ai senti la colère monter de plus en plus en moi. Que j’ai exprimé par des touches d’ironie. Pauvre Alex. Mon humour noir n’a pas été dirigé vers lui, mais je sais que ça lui fait beaucoup de peine de ne pouvoir rien faire pour m’apaiser.
J’ai appelé notre mutuelle pour la prise en charge. Un grand moment. La nénette que j’ai eu au tel devrait s’en souvenir. Je lui explique la situation (besoin d’un fax de prise en charge pour hospitalisation en maternité, mais bébé pas encore là). Forcement elle ne comprend pas pourquoi je rentre en mater en avance. Et concernant l’accompagnant elle me dit que ce n’est pas pris en charge (un peu méprisante il me semble) et me demande pourquoi mon mari m’accompagne. Ben attend poulette je vais t’expliquer, tu ne vas pas être déçu ! Je lui dis gentiment qu’on est à plus de 200 km de chez nous, et qu’on accouche là car notre bébé doit se faire opérer à la naissance. A partir de ce moment là le ton à radicalement changé, elle à lâcher un « oh je suis désolée » tout contrit et j’ai eu l’impression que si elle avait pu elle nous l’aurait offerte cette prise en charge de l’accompagnant. Ben ouai, fallait pas faire ta curieuse.

Vers 17h30 nous avons eu une chambre. Il y fait beaucoup trop chaud pour nous, elle est plutôt petite, il n’y a pas de lit accompagnant pour le moment, elle est situé à côté du bureau du personnel, des ascenseurs et de l’entrée de la mater, il y a beaucoup de bruits. Alex repart chercher nos affaires. Pendant ce temps une sage femme m’emmène faire un monitoring d’une heure. Une éternité. Valentin va bien et je n’ai pas de contractions. Je le savais sans monito, mais bon…Elle m’examine, me fait assez mal. Pour elle le col est ouvert à 1.

Retour dans la chambre, le dîner est servi. Alex comme moi n’avons pas faim. On se partage le repas, on ne mange pas grand-chose. Puis commence la longue soirée. Heureusement Alex a demandé la télé.

A 8h toujours pas de lit accompagnant. Je sens que je panique, je m’inquiète, je suis de nouveau au bord des larmes. Je traine dans le couloir à la recherche de quelqu’un qui pourrait nous aider. Mais il n’y a personne. Je n’ose pas sonner à la maternité pour parler à une sage femme de garde. Finalement une infirmière sort de la maternité. Elle est étonnée que nous n’ayons pas de lit et va en chercher un. Je suis soulagée, je retrouve le sourire. Il aura fallu ce lit pour que j’accepte la situation, pour que le stresse tombe enfin. Même le manque de Gabi me semble moins insurmontable.

Dans la soirée je vais faire un tour du côté des escaliers. Je m’attendais à avoir du mal à les monter. J’ai descendu et remonté 2 fois les 4 étages sans trop de problèmes. C’est le souffle qui me manque et me contraint d’arrêter, plus que l’énergie. Et pas de contractions.

Nous nous faisons une petite séance d’haptonomie. Valentin répond bien, il me semble qu’il descend. On lui dit et répète que c’est le moment…Malheureusement l’haptonomie ce n’est pas magique non plus.

Nous nous couchons vers 23h. Pas terrible d’être dans 2 lits différents, de ne pas pouvoir se prendre dans les bras. Mais on ferra avec. Alex s’endort assez rapidement. Pour ma part je tourne et me retourne dans le lit. Je tente une technique de grand-mère pour déclencher des contractions, sans conviction. Il s’agit de stimuler les mamelons comme si un bébé tétait. Et…ça marche ! J’ai des contractions mais je n’ose pas bouger de peur de réveiller Alex…du coup ça me fait super mal ! Au bout d’une dizaine de contractions, ça se calme et je fini par m’endormir.

La journée n’a pas été facile, mais elle est finie. Nous avons reçu plusieurs messages de soutient, ça fait du bien (merci les gens). Et cette fois on y est, embarqué dans le système hospitalier, à la rencontre de notre bébé.

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